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Arreter de fumer jour après jour : le journal
 

26 août 2004.

                                                                                                « Ce que j'aime est écrit,                                

    Ceux que j'aime sont ici.                                                     

      ...Ça va. »


C'est la énième fois que j'arrête. Cette fois sera la bonne car j'ai décidé de tout écrire.

Là, je mets un match à 7 mg pendant que la cafetière chauffe et dehors, le soleil chauffe timidement l'avenir de mes rêves. Ça ne veut (presque) rien dire mais c'est joli ! J'adore les mots et ils me sauveront.

26 août alors j'y crois de plus en plus car le huit est un chiffre qui me réussit.

26 = 2+6 = 8

08 = 8

2004 = 2x4 = 8

et 3x8 = 24 etc...

Cependant l'infernale déjà m'a tiraillée dès le matin car je rêvais, plus ou moins éveillée, que j'en tenais une entre les doigts : étrange sensation car ma peau l'a sentie une fraction de seconde... Bon, ça va passer !

Est-ce dans le geste, dans la tête ou dans le sang que nous sommes le plus intoxiqués !

Me voilà au pied du mur et même si je me suis réveillée très tard avec à l'esprit l'infâme habitude, la matinée s'est malgré tout écoulée assez paisiblement.

Repos deux jours dans notre "cabanon" ; mon plan est bien huilé car pour le troisième jour les tentations seront à leur zénith pendant la fête où nous sommes conviés chez A et J.

Je m'habille...zut, ma robe d'hier empeste.


La soirée a pourtant été réussie et alors qu'on s'éclatait au rythme d'un orchestre déchaîné, je tirai fébrilement les amères dernières taffes quand s'étiraient dans la nuit les solos de guitare électrique ; le rock me transcendait et je me souviendrai longtemps de cet ultime plaisir enfumé.

Puis le premier jour « sans » vint...

Les gestes quotidiens se suivent et me voici face à la fatidique fin de repas.

Donc : on peut boire un café, se relaxer, savourer quelques tranquilles minutes sans qu'un immonde bout de papier nous pendouille aux lèvres ? !

Oui !

Mille fois oui et constatons-le dans la joie, confirmons l'affirmation des doutes désintoxiqués ! Ne serait-ce qu'un petit goût indescriptible sur la langue ( mi-acide, mi-amer et piquant comme l'amour), je me sens déterminée et satisfaite.

Analyser, décortiquer...

A force de tout lire sur le sujet depuis plusieurs mois, peut-être suis-je en mesure d'affronter les volutes de l'envie. À moins que le fameux "déclic" soit enfin arrivé.

Écrire, raconter... Ce procédé a certainement des avantages : au moins celui d'occuper les mains !

Secondo, d'aucuns évacuent ainsi leur attention car les douleurs lorsqu'elles se couchent sur le papier ont imité le célèbre divan...

 


(au bord de la piscine)

Réminiscence de vieille envie... Vite, écrire ! Nouvelle et éternelle accoutumance ?

Précisons que mon divan devra être particulièrement large et compétent car aujourd'hui une certaine absence m'aide énormément... Tu viens de m'appeler et ça m'a fait plaisir d'entendre ta voix. Tu m'as demandé si j'avais trouvé la cachette et je t'ai répondu que c'était plutôt facile d'arrêter quand tu n'étais pas là. Hier nous avions convenu que tu caches quelques goudronneuses et au cas où je n'en pourrais plus je t'appellerai pour savoir où elles sont. Auparavant je les aurais cherchées dans l'espoir que cette ridicule quête tue le besoin dans l'oeuf. Je n'ai cherché qu'une seconde ce matin avant de créer ces lignes.

Quelques effluves tentaculaires flottent parfois autour de moi mais je résiste aisément grâce à l' ami stylo. Ça me dope d'écrire ! Sûrement les mêmes régions du cerveau ne sont-elles pas sollicitées mais j'ai quand même l'impression de fabriquer une bénéfique endorphine où s'endort la néfaste habitude et où s'éveille l'oxygène de ma paix.

Se préparer à affronter ce soir ta présence nauséabonde et tentatrice.

M'obliger à rester sereine et déterminée.

Dépasser la haine que tu m'inspireras par jalousie de ce tube idiot.

Relativiser face aux sautes d'humeur somme toute si anodins comparés aux mille frustrations de la vie.....

Je cesse cette énumération car elle me stresse déjà. Pourvu qu'elle m'ait aussi aidée inconsciemment.

 

 


« Tentateur-en-chef » à mes côtés, la soirée s'est quand même assez bien passée... Il y eut quelques violents agacement que j'arrivai à canaliser, l'envie d'un esquimau que l'on ne put pas acheter (y'a pas d' épiciers arabes au bord de la mer ?) et je calmai tout ça en me brossant énergiquement les dents pour la deuxième fois avant de dormir. Ah, cette insoluble relation avec la bouche ! Il faudrait voir un psy mais j'ai trop peur qu'il m'enferme... Qu'importe et plus sérieusement, je suis mon propre thérapeute car qui me connaîtra, m'introspectivera, mieux que moi-même ?


Vaincre. Et puis dodo et tout va à part de récurrents songes enfumés.



C'est ensuite au réveil qu'il me faut être la plus déterminée : passé ce cap quotidien, les choses semblent moins difficiles. À moins que ce soit l'effet de ce patch micro-dosé et de l'homéopathie combinés ?

Je pense que surtout six ou huit goudronneuses ont su se rendre indispensables : elles livrent à présent une croisade contre mes forteresses buccales et mes tranchées pulmonaires ! Sus à l'ennemi ! On les aura ! Nous ne sommes pas impressionnés par leurs fumigènes nostalgiques !

J'ai petit-déjeuner alors que je ne mange jamais au réveil puis je changerais quand même le patch. Tu m'as téléphoné et je t'aime mais on n'a pas parlé de ma lutte.

C'est bien ici : presque seule face à mes démons ; j'appréhende le retour vers le train-train quotidien... Là, c'est un peu ma cure loin des banales réalités.

J'attends de la visite après le repas et l'après-midi s'écoule entre bavardages et promenades dans les douceurs de la tendresse familiale. Juste une nuance m'encourage à bien défumer puisque cette fois depuis longtemps je suis vraie avec eux. En effet, j'étais habitué à leur mentir et ne comprends toujours pas qu'ils n'aient pas encore dévoilé cette honteuse supercherie. Mensonge pieux peut-être mais je n'en suis pas fière. Pourtant, à part cette vilaine omission, je crois être une gentille fille, honnête, sincère et aimante ! Cachottière aussi qui , dès qu'elle les avait quittés en grillait une avidement... Alors, dès leur départ, les choses commencent à se gâter car mon cerveau reptilien a enregistré ces moments de récompense et, quand la voiture s'éloigne de ma vue, le manque se manifeste violemment.

Nous y voilà ! Avec ou sans patch, vacances ou pas, tout ce qui habituellement m'aurait simplement agacée me met dans une colère noire. Tu es arrivé et j'ai tiré deux lattes regrettées illico.

Hier à la même heure, je faisais une immense balade à vélo en humant chaque senteur et fragrances de ma toute neuve pureté.

Aujourd'hui je me perds dans la haine en combattants d'invisibles démons.


Quant à la leçon numéro trois, elle arriva sournoisement Dimanche sur le chemin de l'hippodrome, alors que l'on se chamaillait en voiture. Oui on peut être dans une dispute et en sortir sans allumer la machine goudron pour décompresser. L'envie est là, à deux doigts de craquer mais je l'évince et la chasse encore une fois. Bravo ma poule ! Je me récompense avec un esquimau et pousse le vice jusqu'à t'acheter un paquet (à 7€) sans oublier de me vanter auprès du barman qui me dit alors : « Vous devez en avoir des économies à ce prix-là ! ».

On gagne pas mal aux courses et cela est grisant. Belle journée en somme alors que partout autour de moi la pieuvre me tendait les bras... Lutte acharnée qu'à chaque fois je remporte et cela me conforte et me réconforte...


 

Chaque jour recommencer et sans cesse me conditionner dans une lutte sans merci. Ne jamais s'avouer vainqueur ni vaincu.

Je me remémorre les conseils du Professeur Molimard ; il suggère d'imaginer une balançoire qui revient longtemps vers nous avant que son saoûlant va-et-vient se termine. C'est le vicieux manège de mon ennemie qui, lorsque je crois qu'elle s'éloigne enfin, me surprend par derrière ! Et ceci sans relâche encore pour un bon moment je le crains...

Mon unique avantage est d'un peu déchiffrer ces pièges.

Il faut absolument que j'achète « La Fume. Smoking » pour en décoder encore plus. (Tiens, j'enverrai un mail à son auteur. Quelle joie et quelle surprise lorsque l'autre jour il m'avait répondu ! Je lui ferai partager mon bonheur d'avoir arrêté de fumer et s'il m'écrit encore, mon ego se flattera de communiquer avec une personne de cette trempe !)

 

Aujourd'hui je tousse et m'essouffle comme si un incendie de nicotine avait enflammé mes pauvres alvéoles. Elles n'en croient pas leurs yeux de braise qui peu à peu s'éteignent ; alors, pour les y aider, elles crachent de plus en plus belle en éructant l'hôte indésirable.

De surcroît et depuis hier soir, l'étrange petit goût ne me quitte pas et me tire vers lui. La nuit a quand même été tranquille et je me suis endormie avec la phrase de René de Kyoto après avoir prié pour mes parents : « Pour dépasser le manque il faut renverser le plaisir, et que chaque cigarette non fumée soit une vraie satisfaction ».

Alors je me réjouis de l'arrêt en m'efforçant d'en "savourer" la difficulté.

 


Lorsqu'un objectif est atteint avec peine, on ne l'en apprécie que mieux ; si le sevrage n'était pas si laborieux, peut-être replongerait-t-on chaque semaine ! Les souffrances nous aideront sur la durée. J'ai cru que passés les trois premiers jours, les choses s'atténueraient progressivement : erreur ! Contrairement à l'autre sevrage et malgré les vagues souvenirs, il me semble que la difficulté s'accroît. Quoi qu'il en soit, c'était si horrible et si nouveau que j'ai probablement oublié la suite...

Tenir sur la durée. Là, je m'attendais à une torture et ce fut relativement aisé alors, chaque arrêt étant différent, presque tout est à réinventer.


 

Détente après le boulot : je fais une vraie pizza et réinvestis « mon forum » ; c'est un vrai bonheur de communiquer avec tous ces amis virtuels et le soir est déjà là sans que je l'aie vu venir. Petite contrariété : colites néphrétiques ; petite joie : après le repas tout en écrivant je me tape une crise de fou rire en folie et suis d'une inhabituelle extrême bonne humeur. Est-ce normal ? Je préfère penser que oui et en conclus que je fabrique des endorphines autrement !

Alors voilà : je gère tant bien que mal et me couche très tard (en lisant «Les fourmis ») après avoir recopié laborieusement toutes ces pages. ...tandis-que m'escortent toujours le petit goût et l'enivrante danse des mots.

 

Nuit calme où j'ai rêvé de me laver les dents ! Cela semble être un bon signe si mon inconscient onirique travaille dans ce sens. Je précise que j'ai ôté très tôt le patch hier (juste après dîner) puis débarrassé la table en compagnie d'une tisane... Monsieur, quant à lui est très long pour sortir le chien...


Septième jour et j'aimerais faire mes calculs mais il est encore trop tôt pour se réjouir déjà. Là, j'ai calculé pour savoir où j'en suis : bientôt j'installerai le compteur et c'est encourageant. Ça me fait songer à l'arrêt précédent et je me fixe pour l'instant l'objectif de dépasser ce fameux cap.

 

 

Il y a exactement 6 ans que j'ai défumé.

 

 

 

 

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